Des experts des Nations Unies dénoncent l’usage systématique de la violence sexuelle par les gangs, dans un climat d’impunité généralisée et d’inefficacité des institutions haïtiennes.
La violence sexuelle à grande échelle est devenue un outil de domination et de punition entre les mains des gangs armés en Haïti. Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a exprimé, dans un rapport présenté le 3 juillet 2025, sa profonde inquiétude face à l’ampleur des viols collectifs et de la prostitution forcée dans les zones contrôlées par ces groupes criminels.
Selon les experts, les femmes et les filles risquent d’être violées collectivement en plein jour. Ces actes, loin d’être isolés, seraient utilisés comme des moyens délibérés pour semer la terreur parmi la population et briser les résistances locales. Les enfants, particulièrement vulnérables, ne sont pas épargnés.
Le Comité s’alarme de l’impunité quasi totale entourant ces violences. Le faible taux de signalements, les représailles, la stigmatisation des victimes, le manque de soins médicaux, d’assistance psychologique et de recours judiciaires rendent la situation encore plus critique. Le manque de confiance dans le système judiciaire contribue à renforcer ce silence forcé.
Dans les sites de déplacement, la situation est tout aussi alarmante. Un rapport d’ONU Femmes, publié en mai 2025, avait déjà alerté sur une « nette augmentation » des violences sexuelles fondées sur le genre. Ces lieux censés offrir un refuge deviennent eux-mêmes des espaces de danger pour les femmes et les filles.
Face à cette réalité, les experts de l’ONU appellent l’État haïtien à redoubler d’efforts pour lutter contre les violences sexuelles, assurer la protection des victimes et garantir l’accès à la justice. Une réponse étatique ferme est jugée essentielle pour briser le cycle de la terreur et de l’impunité.










