Dans un contexte de crise sécuritaire et humanitaire profonde, le Conseil de sécurité des Nations Unies a décidé, lundi, de prolonger le mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) jusqu’au 31 janvier 2026. Une prolongation courte, reflet de l’incertitude qui entoure le rôle futur de l’ONU dans le pays.
Le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité une résolution prorogeant de six mois et demi le mandat du BINUH, qui arrive à expiration le 15 juillet 2025. Cette extension, plus courte que les renouvellements annuels habituels, traduit la volonté des membres de l’ONU de réévaluer le rôle de cette mission politique dans un pays où la situation sécuritaire s’est considérablement détériorée.
Déployé à Port-au-Prince depuis 2019, le BINUH se retrouve dépassé par l’ampleur de la crise. « Il n’avait pas vocation à opérer dans un environnement aussi hostile que celui que nous connaissons aujourd’hui », a reconnu, début juillet, Miroslav Jenča, haut responsable onusien, devant le Conseil.
Dans sa résolution, le Conseil de sécurité se dit prêt à examiner « sans délai » les recommandations formulées par le Secrétaire général António Guterres le 24 février 2025. Parmi ces propositions figure la création d’un Bureau d’appui des Nations Unies, destiné à fournir un appui logistique et opérationnel à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS), dirigée par le Kenya mais indépendante de l’ONU.
Le Conseil réaffirme aussi son attachement à « une solution globale, prise en main et dirigée par les Haïtiens », qui s’attaque aux causes profondes des crises politiques, sécuritaires et humanitaires qui frappent le pays.
En attendant une décision plus tranchée sur l’avenir du BINUH, le Secrétaire général a nommé un nouveau chef de mission. Le diplomate mexicain Carlos Ruiz Massieu, à la tête de la mission de l’ONU en Colombie depuis 2019, prendra ses fonctions à Port-au-Prince au mois d’août.










