Lors d’un point de presse tenu à la Villa d’Accueil, ce mardi 25 novembre 2025, l’économiste Fritz Alphonse Jean, membre du Conseil présidentiel de transition (CPT), a vivement critiqué les défaillances du gouvernement Fils-Aimé et dénoncé les « pressions exercées » par les ambassades des États-Unis et du Canada pour maintenir en poste un Premier ministre qu’il juge incapable de diriger.
Accompagné de son collègue Leslie Voltaire, Fritz Jean a commencé son point de presse en insistant sur la nécessité de préserver l’héritage des ancêtres et de replacer la dignité au cœur des choix politiques. Selon lui, le pays se trouve à un «carrefour historique» où les décisions doivent être guidées par la mémoire collective et la responsabilité envers les générations futures.

Dans la foulée, le conseiller président a affirmé que des diplomates américains et canadiens ont averti le CPT, via des échanges privés, que toute tentative de remplacer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé entraînerait des sanctions, notamment le retrait de visas pour les conseillers et leurs familles. Pour Fritz Jean, cette démarche constitue une atteinte directe à la souveraineté nationale et s’inscrit dans une stratégie visant à prolonger le mandat d’un chef de gouvernement qu’il décrit comme inefficace.
Au cours de son intervention, Monsieur Jean a rappelé les faiblesses structurelles du gouvernement Fils-Aimé dans trois domaines essentiels : la sécurité intérieure, la gouvernance administrative et la préparation des élections de 2026. Il a notamment souligné que sur un budget de 7 milliards de gourdes destiné à renforcer la sécurité, moins d’un tiers a été effectivement utilisé, laissant les forces de l’ordre sans moyens suffisants.
Le conseiller président s’est également alarmé de la situation des milliers de déplacés internes vivant encore sous des tentes. Bien qu’un comité ad hoc ait été créé pour assurer le financement de leur relogement, aucune mesure concrète n’a été mise en œuvre.
Fritz Jean a dénoncé la circulation d’armes illégales au sein de la BSAP, un dossier resté sans suite malgré ses instructions au Premier ministre.
L’ancien Gouverneur de la Banque centrale a aussi pointé des irrégularités budgétaires, évoquant 9,7 milliards de gourdes dont l’usage n’a jamais été clarifié, ainsi qu’une explosion des intérêts de la dette interne, passés de 400 millions à plus de 5 milliards de gourdes.
Le conseiller président a critiqué l’absence de suivi des dossiers judiciaires sensibles et la libération inexpliquée de personnes impliquées dans des affaires criminelles. Il a par ailleurs accusé un petit groupe de familles de contrôler des secteurs stratégiques comme les douanes, détournant les revenus publics au détriment de l’éducation et des infrastructures.
Fritz Jean a lancé un appel à la résistance civique, affirmant qu’il est prêt à poursuivre le combat contre la corruption et les réseaux criminels, même si cela devait être perçu comme une faute. « Le pays se situe à un carrefour de sa dignité», a-t-il déclaré, exhortant la population à défendre l’héritage national et à s’opposer aux pressions étrangères.
À rappeler que ce point de presse s’est tenu au lendemain de l’annonce américaine de restrictions de visa visant un membre du Conseil présidentiel de transition accusé de soutenir des gangs et des organisations criminelles. Les informations ont ensuite confirmé qu’il s’agissait de Fritz Jean. Ce dernier qualifie cette décision de « pression pour maintenir en poste un Premier ministre incompétent».










