Au 9ᵉ Congrès Panafricain tenu à Lomé du 8 au 12 décembre 2025, Fritz Deshommes, membre du Comité National Haïtien des Restitutions et Réparations (CNHRR), a rappelé le rôle fondateur d’Haïti dans l’histoire du panafricanisme. Il a plaidé pour que la question de la restitution de la rançon de l’indépendance figure au cœur des résolutions du Congrès.
Invité à prendre la parole lors du 9e Congrès Panafricain, organisé du 8 au 12 décembre au Togo par l’Union Africaine, Fritz Deshommes, membre du Comité National Haïtien des Restitutions et Réparations (CNHRR), a livré un message émouvant.

L’ancien recteur de l’UEH a d’abord salué le gouvernement togolais et l’Union Africaine pour l’organisation de cette rencontre, avant d’exprimer sa fierté de représenter Haïti, qu’il a qualifiée de «fille aînée de l’Afrique».
Revenant sur les origines du panafricanisme, Deshommes a rappelé que ce mouvement trouve ses racines en Haïti, bien avant que le terme n’existe. Il a évoqué la cérémonie du Bois-Caïman du 14 août 1791, qu’il a décrit comme un authentique Congrès Panafricain avant la lettre réunissant plus de 200 leaders esclaves venus de diverses ethnies africaines pour lancer la révolte générale contre l’oppression. Il a également souligné l’importance du 1er janvier 1804, date de la proclamation de l’indépendance d’Haïti, première révolution victorieuse d’esclaves dans l’histoire.
Dans son discours, Deshommes a insisté sur le rôle pionnier d’Haïti dans la lutte contre l’esclavage, le colonialisme et le racisme, rappelant que le pays a longtemps été le seul à porter le flambeau de la liberté et de l’autodétermination des peuples noirs, de l’Éthiopie à l’Afrique du Sud.
Il a aussi dénoncé l’état actuel d’Haïti, qu’il considère comme le prix payé pour son audace historique. Mais il a affirmé que l’esprit de liberté et de dignité qui anime le peuple haïtien est hérité de son africanité, et que l’Afrique, aujourd’hui, reprend le relais en se construisant chaque jour en souveraineté et en solidarité.
Sur le plan politique, Fritz Deshommes a salué les démarches de l’Union Africaine et de la CARICOM en faveur des réparations liées à l’esclavage et à la colonisation. Il a plaidé pour que la question de la restitution de la « rançon de l’indépendance» versée par Haïti à la France figure explicitement dans les résolutions du Congrès, estimant que ce dossier pourrait ouvrir la voie à une concrétisation des réparations pour l’ensemble de l’Afrique, de la Caraïbe et des afrodescendants.
Enfin, il a réaffirmé la volonté d’Haïti de se rapprocher davantage des institutions africaines et afrodescendantes, publiques ou privées, dans le cadre d’un panafricanisme «authentique, renouvelé et actualisé».










