la Plateforme des syndicats d’enseignants haïtiens a dénoncé la décision du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) de rompre les négociations en cours. Les organisations reprochent au ministre Augustin Antoine d’abandonner le dialogue alors que les enseignants réclament de meilleures conditions de travail, des salaires décents et une école publique de qualité accessible à tous.
La Plateforme des syndicats d’enseignants haïtiens, regroupant l’UNNOEH, la CNEH, la FENATEC, la LINEH et le Reeh, a tenu une conférence de presse à Port-au-Prince, mardi 2 décembre 2025. Les organisations dénoncent la décision du MENFP, dirigé par Augustin Antoine, de mettre fin brusquement aux négociations entamées avec elles.
Le coordonnateur de l’Union Nationale des Normaliens et Éducateurs d’Haïti (UNNOEH), Kensone Délice, a souligné que les discussions avaient permis certaines avancées, même si la majorité des revendications restaient pendantes. « Nous n’avons pas trouvé de satisfaction concernant nos principales revendications », a-t-il affirmé, ajoutant que la plateforme ignore ce qui motive le MENFP et le gouvernement à stopper les négociations.

Monsieur Délice rappelle que les revendications des syndicats reposent sur trois axes : les conditions de travail des enseignants et enseignantes, une école publique de qualité et l’accès à l’éducation pour tous les enfants. Selon lui, il est impossible de bâtir une école de qualité avec des enseignants contraints de travailler dans de mauvaises conditions. Il interpelle directement les autorités, en particulier le MENFP et le chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé, afin qu’ils prennent des mesures pour améliorer la situation.
Le coordonnateur de l’UNNOEH insiste également sur la question salariale. Il dénonce le fait qu’un enseignant du premier et deuxième cycle, travaillant à temps plein, touche environ 21 000 gourdes par mois pour au moins 30 heures de cours hebdomadaires. « Il est inadmissible qu’un enseignant soit contraint de travailler pour un salaire aussi misérable », a-t-il déclaré, rappelant que le gouvernement avait promis de se pencher sur ce problème.
Un autre point soulevé par le syndicaliste concerne le statut particulier du personnel de l’éducation. Ce document oblige l’État haïtien à traiter les enseignants en fonction de leurs compétences et de leur expérience, leur permettant ainsi de faire carrière dans le secteur éducatif. Puisque le gouvernement a stoppé les négociations, ces questions fondamentales restent en suspens.
De son côté, Lavaud Frédéric, conseiller de la Confédération Nationale des Enseignants d’Haïti (CNEH), a dénoncé la situation des enseignants qui travaillent depuis des années sans être nommés ni rémunérés. Il souligne que certains professeurs en salle de classe ne reçoivent aucun salaire, tandis que d’autres, bénéficiant de connexions politiques, sont payés sans jamais avoir enseigné.
Monsieur Frédéric accuse le ministre Antoine d’avoir affaibli l’école encore davantage qu’il ne l’avait trouvée. Il dénonce aussi l’utilisation du système éducatif à des fins politiques.
Face aux graves difficultés du secteur éducatif, le professeur Kensone Délice appelle toutes les composantes de la société à se mobiliser pour contraindre les autorités à améliorer les conditions de travail des enseignants.










