L’organisation de la société civile Haïti 3R (Restitution, Réparations, Réhabilitation) a adressé une lettre ouverte à Madame Gusti Klara Gaillard Pourchet, au Conseil Présidentiel de Transition, aux organisations de la société civile haïtienne, aux instances internationales ainsi qu’à tous les Haïtiens. Dans ce texte daté du 14 août 2025, elle conteste le choix de Mme Gaillard Pourchet comme co‑présidente de la commission franco‑haïtienne sur la restitution, dénonce un « vice de forme grave » et réclame la création d’une véritable commission bilatérale indépendante.

Le 17 avril 2025, date du bicentenaire de l’ordonnance du roi Charles X imposant à Haïti la « rançon de l’indépendance », le président français Emmanuel Macron a annoncé la création d’une commission franco‑haïtienne sur la restitution, co‑présidée par l’historien français Yves Saint‑Geours et l’historienne haïtienne Gusti Klara Gaillard Pourchet, installée en France.
L’organisation Haïti 3R dénonce ce qu’elle considère comme un « vice de forme grave » dans la création de la commission franco‑haïtienne sur la restitution. Elle estime que la nomination par la France de la professeure Gusti Klara Gaillard Pourchet, censée représenter Haïti, est inacceptable dans un dossier où Paris est directement mis en cause. Pour Haïti 3R, un tel choix revient à confier la défense des intérêts haïtiens à une personnalité désignée par la partie adverse.
L’organisation souligne que Mme Gaillard Pourchet, mariée à un Français et résidant en France, ne peut être considérée comme totalement indépendante pour défendre Haïti face à son pays d’accueil. Elle rappelle également que l’universitaire avait refusé, en 2024, de siéger au Comité national haïtien de restitution et réparation de l’Université d’État d’Haïti, avant d’accepter un an plus tard la proposition française. Ce revirement est perçu comme une contradiction et un problème d’éthique.
Haïti 3R qualifie la structure actuelle de « commission franco‑française » et estime que sa composition sacrifie d’avance les intérêts haïtiens. L’organisation critique aussi le Conseil présidentiel de transition, qui a validé la nomination sans protester, malgré des propos jugés vexatoires du président Macron à l’égard de ses membres. Elle y voit un signe de docilité et de faiblesse politique.
Dans sa lettre ouverte, Haïti 3R interpelle directement Mme Gaillard Pourchet, l’invitant à se retirer de la co‑présidence et à laisser la place à un représentant choisi par Haïti, répondant à un double critère : compétence patriotique et académique, et engagement avéré pour les grandes causes nationales. Elle insiste sur le fait que seul un représentant désigné par Haïti peut légitimement défendre ses intérêts dans ce dossier historique.
Haïti 3R appelle la société civile, la diaspora et les alliés internationaux à rejeter la commission actuelle et à exiger la mise en place d’une véritable structure bilatérale indépendante. Elle propose qu’Haïti soit représentée par au moins six experts issus de disciplines clés – histoire, économie, relations internationales, droit international public, patrimoine et mémoire, anthropologie – afin de défendre efficacement la cause de la restitution, de la réparation et de la réhabilitation du peuple haïtien.










