Le ministère de la Défense ouvre ce vendredi une réflexion sur l’avenir des Forces armées d’Haïti. Les assises nationales lancées autour du thème « Quelle armée pour Haïti ? » réunissent, pendant trois jours, plusieurs secteurs appelés à réfléchir au rôle, aux missions et à l’organisation de l’institution militaire.
Le ministère de la Défense a procédé, vendredi 21 août 2026, au lancement officiel de trois journées d’assises nationales consacrées à la vision et à l’avenir des Forces armées d’Haïti (FAd’H), autour du thème « Quelle armée pour Haïti ? ». La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, de représentants des institutions publiques, du haut commandement des FAd’H, du secteur universitaire, de la société civile et de la communauté internationale.

Dans son intervention, le ministre de la Défense, Mario Andrésol, a présenté ces assises comme un espace de réflexion sur le rôle, les missions et le modèle d’une armée adaptée aux réalités du pays. Il a rappelé que les Forces armées d’Haïti sont reconnues par la Constitution de 1987 et insisté sur la nécessité de construire une institution républicaine, professionnelle, disciplinée et apolitique, placée sous l’autorité civile et respectueuse des droits humains.
Le ministre a particulièrement insisté sur la séparation entre l’institution militaire et la politique. « Lame pa nan politik, Lame pa fè politik ! », a-t-il déclaré, invitant les militaires à rester en dehors des luttes politiques et les responsables politiques à éviter toute instrumentalisation des forces de défense et de sécurité.
Mario Andrésol a également mis l’accent sur la discipline, l’éthique et la déontologie comme principes devant guider l’action des militaires. Il a souligné que les armes et l’uniforme doivent être utilisés exclusivement dans l’intérêt de la Nation et dans le respect des responsabilités confiées à l’institution.
Dans le cadre de cette réflexion sur l’avenir des FAd’H, le ministère de la Défense, les Forces armées d’Haïti, l’Université d’État d’Haïti et la Faculté de Droit et des Sciences économiques ont signé un accord-cadre de partenariat stratégique. Celui-ci prévoit notamment le renforcement de la formation académique et scientifique des cadres militaires.
Le ministère entend également intégrer les conclusions des assises dans la nouvelle Doctrine des Forces armées d’Haïti et dans le Livre blanc de la Défense nationale. Ces documents doivent servir de référence à l’élaboration du Plan stratégique de la Défense, qui sera soumis aux instances compétentes de l’État avant sa publication, selon les engagements présentés par le ministre.
Durant les trois journées du forum, les différents participants sont appelés à contribuer aux échanges sur l’organisation, les missions et les perspectives de l’institution militaire. Le ministère de la Défense entend ainsi associer plusieurs secteurs à cette réflexion sur la construction d’une armée moderne, professionnelle et républicaine.
Prenant la parole à son tour, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a placé cette démarche dans le contexte des difficultés sécuritaires auxquelles le pays est confronté. Il a souligné que le rétablissement de la sécurité et de l’autorité de l’État constitue, selon lui, une condition nécessaire au fonctionnement des institutions et à la consolidation de l’ordre démocratique.

Le chef du gouvernement a enfin appelé à une mobilisation des différentes composantes de la société autour de la défense de la souveraineté nationale, du renforcement des institutions républicaines et de la démocratie. Il a également réaffirmé la volonté de son gouvernement de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections générales crédibles.










