Alors que la violence des gangs atteint des niveaux alarmants en Haïti, avec près de 90 % de la capitale sous leur contrôle et plus d’un million de déplacés, le Conseil de sécurité des Nations Unies a autorisé une nouvelle mission multinationale. Baptisée Force de répression des gangs (FRG), cette initiative vise à appuyer les autorités haïtiennes dans leur lutte contre l’insécurité, en remplaçant une précédente mission jugée insuffisante. Voici ce qu’il faut savoir sur cette force Voici ce qu’il faut savoir sur cette force.
La FRG est une force de 5.550 de policiers et militaires et 50 civils, mandatée pour une durée de douze mois. Elle aura pour mission de neutraliser les gangs, sécuriser les infrastructures critiques, faciliter l’accès humanitaire et protéger les populations vulnérables.
Cette nouvelle force travaillera en étroite collaboration avec la Police Nationale d’Haïti, dans l’objectif de renforcer les capacités locales et de permettre au pays d’assumer sa propre sécurité. Un bureau d’appui des Nations Unies sera mis en place pour fournir un soutien logistique et opérationnel.
La FRG remplace la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), lancée en octobre 2023 et dirigée par le Kenya. Faiblement financée et jamais déployée à pleine capacité, la MMAS n’a pas pu atteindre ses objectifs.
La Force de Répression des Gangs, avec un mandat plus large et des moyens renforcés, marque un changement de stratégie dans la réponse internationale.
La FRG devrait commencer ses opérations après l’expiration du mandat de la MMAS, le 2 octobre 2025. Le financement reposera principalement sur des contributions volontaires des États membres de l’ONU, mais les pays qui fourniront du personnel n’ont pas encore été annoncés.
Une conjoncture difficile
La situation sécuritaire en Haïti est alarmante. Des groupes armés contrôlent jusqu’à 90 % de Port-au-Prince, bloquent les routes, attaquent les infrastructures et terrorisent la population par des enlèvements, des viols et des meurtres.
En 2024, plus de 5.600 personnes ont été tuées. Depuis mars 2025, la violence s’est propagée à des régions jusque-là épargnées, comme l’Artibonite et le Centre, provoquant le déplacement de 92.000 et 147.000 personnes respectivement.
Au total, plus de 1,3 million de personnes ont été déplacées, et les services essentiels comme les soins de santé et la distribution de nourriture se sont effondrés.
Haïti ne peut pas résoudre cette crise seule, selon l’ONU qui évoque l’effondrement des institutions étatiques, le manque de ressources de la police et l’impunité généralisée dans le pays.
L’ONU souligne que la FRG doit s’inscrire dans une stratégie plus large, incluant la réforme de la gouvernance, l’aide humanitaire et le développement à long terme.










