Deux jours après une intervention policière à Canal Bois qui s’est soldée par la mort de Wilfort Ferdinand, alias «Ti Will», et d’un autre individu, la Police Nationale d’Haïti (PNH) sort de son silence. Dans un contexte de forte tension à Gonaïves, l’institution policière revient sur les faits, précise les circonstances et appelle la population au calme.
La Police Nationale d’Haïti (PNH) a apporté des précisions sur l’intervention menée le mardi 16 septembre à Canal Bois, commune des Gonaïves, au cours de laquelle deux individus ont été mortellement blessés, dont Wilfort Ferdinand, alias «Ti Will».
Un communiqué de la Direction Départementale de l’Artibonite (DDA), qui cite le rapport de la police locale, indique que l’intervention policière a débuté vers 15h30 lorsqu’une patrouille en direction de Gros-Morne a été interpellée par des citoyens. Ces derniers ont signalé la présence d’un jeune homme ligoté, maîtrisé en flagrant délit par les habitants de Canal Bois.
La patrouille a fait demi-tour pour constater la situation, pendant qu’une unité de la Brigade d’Intervention (BI) était mobilisée pour récupérer le suspect.
Selon ce communiqué, dans le cadre du dispositif de sécurité mis en place, un checkpoint a été établi. Un véhicule suspect, venant du sud, a refusé de se soumettre au contrôle. Le conducteur a enclenché une marche arrière, baissé les vitres, et des coups de feu ont été tirés. La riposte policière a conduit à la neutralisation des deux occupants du véhicule.
Le juge de paix requis sur les lieux a dressé le procès-verbal de constat. Un pistolet de calibre 9 mm a été retrouvé à proximité du chauffeur. L’un des hommes, identifié comme «Ti Will», était porteur d’une arme de marque Taurus, propriété de la PNH, dont le numéro de série avait été falsifié.

Depuis cette intervention, la ville des Gonaïves est en ébullition. Des tensions sont perceptibles dans plusieurs quartiers, et la population réclame des explications.
Des informations indiquent que «Ti Will» était sous le coup d’un mandat de justice, ce qui aurait motivé son refus de se soumettre au contrôle.
Dans sa communication, la PNH appelle au calme et à la collaboration citoyenne, tout en réaffirmant sa mission de protection et de service à la population.
Il convient de souligner que Ti-Will était réputé comme un fer de lance du mouvement ayant conduit au renversement de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide en 2004.










